Vendredi dernier j’ai vécu une journée intense, très intense.
D’abord, sans grande intervention de la part de La souris, des centaines et des milliers – que dis-je : des millions ! – de lecteurs sont venus à 14h pour commenter l’article du jour Happy Appli.
Beaucoup parmi eux sont des lecteurs habitués du site mais aussi de la newsletter hebdomadaire, Le Journal.

Les abonnés avaient cette fois la consigne de commencer leur commentaire par « C’était un vendredi de printemps… » et d’ajouter ce qu’ils souhaitaient ensuite.

Ces petits codes entre La souris et ses lecteurs, c’est irrésistible. Je suis émerveillée par cette malice commune, comme un clin d’œil d’enfant, un coup de pied sous la table(tte), un secret glissé à l’oreille.
J’ai les moustaches qui frisent le vendredi matin : j’attends avec grande impatience de relire le soir au calme vos 30 commentaires.

Au delà du Web

 

Vendredi dernier, le jeu a dépassé le site. Car pendant la journée professionnelle de la fête du livre de Villeurbanne, un SMS d’un éditeur avec lequel j’avais RV et qui a dû annuler, est tombé « c’est dommage, c’était un vendredi de printemps tellement plaisant. »
Et voilà que j’entends en fin de conférence un auditeur venir me dire : « Ce vendredi de printemps m’a beaucoup plu. » Ou que je lis, quelques heures plus tard, posté sur la page Facebook de La souris : « Dommage pour le concours j’étais à la journée professionnelle mais en fait je ne regrette rien car cette journée de vendredi était magnifique.  »


 

Grands malicieux

Je ne suis pas sûre que tous les auteurs et éditeurs jeunesse se rendent comptent de cette malice là de leurs lecteurs, prompts à partager et intervenir.
Le livre change, prend d’autres formes, et les lecteurs ont la main désormais.
Tiens ça me fait penser à Réalités Bis que je viens de découvrir. Sur ce site web, les lecteurs sont invités à créer leurs propres récits, à en écrire avec d’autres et à les publier librement sous format e-pub. Un premier e-book a été publié , la réalité du Petit chaperon rouge, qui propose soit de lire la version classique de l’histoire soit de choisir, au fil de la lecture, une version chaperonne quelque peu déjantée.

C’est un projet d’adultes Réalités Bis mais les enfants, avec des outils comme Toontastic pourraient bien en venir aussi à créer ensemble leurs histoires et leurs livres et à les partager avec d’autres. Et bien sûr Pottermore, le site de JK Rowling, qui doit ouvrir ses portes à tous dans quelques jours, explore cette même idée de participation des lecteurs.

Quand je discute avec des enseignants utilisateurs de tablettes en classe, le premier avantage qu’ils y voient c’est justement celui du partage.

 

Entre miracle et peurs

 

Tenir ce discours là – de l’intéret potentiel du numérique – devant un public amoureux du livre papier tient du petit miracle je trouve. Je remercie chaleureusement Gérard Picot, le directeur de la fête du livre jeunesse de Villeurbanne pour son invitation.

A Villeurbanne, ce sont les auteurs et les illustrateurs – et non les éditeurs – qui sont au centre.
Alors entre entre table ronde et conférence, j’ai beaucoup échangé avec eux.
Presque toutes les discussions commençaient au choix par l’une de ces trois affirmations : « Le livre numérique ? Ah, ça ne m’intéresse pas. Le livre numérique ? Ah, je n’y crois pas ! Le livre numérique ? Ah, je ne connais pas. »
Ensuite, des nuances apparaissaient bien sûr, certains auteurs faisant du numérique malgré tout, mais rarement sous leur propre impulsion.

Je ne blâme personne et je comprends fort bien la peur de perdre quelque chose – dont la matière et les couleurs – la crainte de plonger dans un monde perçu comme froid, impersonnel et inhospitalier, la terreur de voir la transmission du livre se perdre dans de nuageux fichiers informatiques.
Tous ces doutes sont légitimes. Mais si les talents de l’écrit et de l’image ne s’occupent pas du numérique, qui le fera ?

 

Le kit de survie de l’autruche

 

Une attitude fréquente consiste à « faire l’autruche », à plonger sa tête au fond du trou pour ne pas voir ce que l’on craint. Vous êtes-vous déjà demandé comment ce grand animal gauche qu’est l’autruche, voyant arriver un danger, fait pour creuser vite avec ses pattes un trou dans le sable pour s’y asphyxier à l’intérieur ?
Cette image là est d’Epinal. L’autruche en réalité ne fait que baisser le cou pour tenter de se cacher derrières les hautes herbes et regarder le danger potentiel qui arrive.
C’est d’ailleurs une attitude assez intelligente : j’ai peur mais je regarde ma peur en face.

Auteurs, illustrateurs, éditeurs jeunesse traditionnels, ne serait-il pas temps d’apprivoiser le danger ? Il serait bien dommage que vos talents n’explorent pas le nouvel espace de la tablette.
Comme l’a dit la participante bien-nommée Souriso vendredi dans son commentaire HappyAppli : « C‘était un vendredi de printemps, bien installée sur ma terrasse ensoleillée,je découvrais avec intérêt, parfois déçue, parfois émerveillée comme une enfant, ce que peut être un livre numérique… Pas de copié-collé d’un livre « papier ». Non, non, non ! C’est juste autre chose, un autre voyage. Tout reste encore à inventer, à imaginer ! Auteurs et développeurs, main dans la main (ou plume dans la souris !), faites-nous encore lire, rêver, imaginer, voyager ! »

Hep, hep, ne partez pas, c’est pas fini !

 N’oubliez pas la dernière session du jeu Happy Appli ! C’est vendredi prochain, le 6 avril.

Et pour le feu d’article final, tout change : pour participer, il faut nous envoyer un dessin de souris réalisé par vos enfants ou vos élèves (en indiquant leur âge si possible).

Les premiers dessins sont déjà arrivés… et c’est une autre malice qui commence :).

 

PS : la photo de l’autruche est celle d’une oeuvre de l’artiste contemporain Maurizio Cattelan

 

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